Et si bonté et la droiture étaient le sommet de l'intelligence !?
Lettre à mon amour perdu, et à tous les fous qui comme moi son responsable de la perte du leur.
Ecoutez la complainte du malheureux qui à perdu LA femme de sa vie et ne peut reprocher qu'à lui-même, depuis, de vivre chaque seconde sans elle comme la traversé d’un désert sans espoir où chaque pas est une épreuve qui conduit vers une mort de tristesse.
Oui, comme Brassens j'étais heureux auprès de mon arbre et de celle qui s'accrochait à mon cou quand je perdais mes billes. D’autant que comme, moi, je ne me lassais pas du tout de voir son joli nez au milieu de sa figure et qu'elle ne laissait même pas "Trop de pierr's dans les lentilles", je n'avais vraiment aucune raison de m'éloigner d'mon arbre. Et encore moins de ma femme (texte intégral en bas de page).
J'ai fait pire... je l'ai fait fuire. Elle, la merveilleuse, le diamant pur sans qui la vie n'est plus la vie, même pas la survie. Plus que la blessure toujours ouverte du manque d'elle. Une souffrance de tout instants, une plaie béante qui réduit l'âme à la permanente douleur de l'arrachement. On a beau se croire fort… comme on se découvre fragile lorsqu'on manque de l'être que l'on sait plus que sa moitié, plus que son jumeau… l'évidente fusion des atomes des âmes qui dès l'instant de leur première rencontre savent qu’ils ne pourront plus jamais vivre en paix l’un sans l’autre.
Certes on peut donner le change, on fait aller vaille que vaille, on se trouve des compensations mais ce ne sont que des pis aller, les rares épices qui permettent d’avaler en se forçant la bouillie insipide d’une vie sans sel.
Cette douleur indicible, lancinante, va bien au delà des affres du bête manque amoureux dont on sait bien qu'il finira par se calmer lorsque les hormones... Là il s'agit d'un mal qu'on sait inguérissable puisque irréparable, irremplaçable puisque ce manque là est le manque du seul être sur terre qui vous correspond, du seul être avec qui la vie fait sens, avec qui vivre est construire. Manquer d'elle c'est pire que manquer de moi-même.
Comment ai-je pu la laisser s'éloigner, elle, qui en plus d'être aussi essentielle à ma vie que l'air et l'eau, est la meilleure personne du monde, la plus douce, la plus gentille, le cœur le plus tendre et le plus généreux qu'on puisse trouver à la surface de cette terre... Pas une femme, un ange déguisé en femme. Mieux qu’un modèle de bonté… LA bonté faite femme. Un être totalement dépourvue de méchanceté ou de mauvais sentiment, la gentillesse à l’état pur. La bonne volonté en tout, jusqu'au dévouement.
Y a-t-il un revers à cette merveilleuse médaille ? Fait-elle payer ses immenses qualités de quelque grand défaut ? Non, aucun ! A-t-elle des exigence extravagantes ? Faut-il la faire vivre dans un château ? Veut-elle être couverte de bijoux ? Rouler en limousine ? Même pas. Son rêve était simple, c'était celui que nous partagions. Tout simplement être ensemble pour faire le bonheur de l'autre. Pour le reste... désirs simples et joie de vivre tranquille, toujours heureuse d’un rien, faisant son miel de tout, chaque instant auprès d'elle fait de ma vie une rivière de miel. Et puis, œil de biche, complice de tous les délices, plus belle à mon cœur que la plus belle des reines, femme amour, l’amour incarné en femme.
Bref le SEUL défaut que je lui trouve, c'est d'avoir TROP de l'une de ses plus grandes qualités : sa patiente générosité. Celle qui lui a permis de trop longtemps supporter un insupportable qu'elle n'avait rien fait pour mériter. Juste pour avoir été trop bonne, trop généreuse, trop sensible au malheur d'autrui et pas assez à son propre bonheur.
Comment en suis-je arrivé là me direz-vous ?
En entraînant ma douce, ma si chère, ma tellement chérie dans une situation infernale. Comment ai-je pu commettre cette folie imbécile ?
Parce que la nuit du dernier adieu, j’ai fait une merveille d’enfant à une femme pétrie de mille qualités, le plus souvent excellente mère mais mer… de problèmes ! Un de ces êtres qui, pour être nés là où ils sont nés, ont eu leur enfance si abîmée qu’ils en deviennent handicapés de la joie de vivre, au cœur si plein de rage que la haine semble leur être plus essentiel que l’amour, et la rancœur leur servir de colonne vertébrale. Avec qui tout ce qu’on tente de construire, quelque énergie qu’on y mette, tout est voué à être détruit. Et que fuire est le seule sagesse.
Alors pourquoi, le sachant, n’ai-je pas eu cette sagesse.
Parce que j’ai laissé ma légitime épouse et ange de bonté, aussi soucieuse que moi-même de préserver un petit être qui n’avait pas demandé à naître, de l’incapacité de sa mère à lui éviter une enfance de la pire misère dans le cul de basse fosse de la hiérarchie sociale d'un de ces pays du "baise la main que tu ne peux couper" où la loi du plus fort, toujours piétine les faibles... Oui, je l’ai laissé elle la trop douce, trop tendre, trop généreuse, à écouter ses bons sentiments et miens plutôt que ses craintes. Et accepter ainsi une situation qui s’est vite avérée pire qu’invivable. Alors que c’était à moi de prévoir de quelles venimeuses morsures seraient remerciées nos mains tendues.
Ainsi, au lieu de protéger ma douce et chère agnelle, pour préserver le petit enfant dont un instant de faiblesse m’avait rendu responsable, moi, je l'ai laissé, elle, à portée de griffes de tigresse.
Pire, pour gagner un peu d'une paix illusoire, pour calmer l'enragée, je me suis rendu aux raisons de mon ange de bonne volonté en acceptant de faire semblant de moins l'aimer, elle, la tendre source de tous mes bonheurs. Jusqu'à ce qu'entraînés l'un et l'autre dans le tourbillon de stress de cette folie à une période ou s’ajoutait pour moi de sérieuses angoisses financières, à force de mal-être réciproque, le simulacre vire à la distance, de la distance à l'antagonisme... Et, plus impardonnable encore… lui faire subir, à elle qui ne méritait que douceur et tendresse, la plus injuste des agressivité, celle qui ne lui était pas destinée.
Etonnez-vous que cela ait fini par l'épuiser, elle. Puis son immense bonne volonté. Et au final son amour. Et qu'une séparation qui ne devait durer que le temps de souffler et nous permettre de retrouver nos esprits, ne creuse encore plus le fossé d'incompréhension. Le creuse d'autant que, moi, resté empêtré dans l'enfer domestique, au lieu de trouver à lui offrir les mots qui apaisent, les mots qui auraient pu calmer sa légitime colère, je n’ai su y répondre que par la maladresse. Et alors qu’à chaque rencontre mon seul désir était d’en faire des occasions de rapprochement, nous nous quittions sur des paroles souvent blessantes qui amplifiait l’incompréhension, la séparation.
Comment ai-je pu me laisser aller à une telle situation ? Comment, si longtemps être resté dans un tel aveuglement d'où était le bien et le mal ? D'où était l'urgence de tendresse, de protection, puis de réparation ?
Vous le croirez encore moins possible si je vous dit que nous avions attendu plus de dix ans avant d'être enfin réunis. Dix ans de contre temps et de difficultés sans nom. De mariages malheureux de part et d'autre. Mais dix années ponctuées d’assez longs moments de vie commune pour vérifier notre accord parfait, notre désir mutuel de prendre soin l’un de l’autre, d’offrir à l’autre le meilleur de nous même. Et de constater à quel point chaque fois que nous étions ensembles, la vie reprenait tout son sens. Le monde, instantanément, se remettait en ordre. Un et un faisait bien plus que la simple addition de nous deux. Laissant derrière nous les souvenirs douloureux des pistes cahoteuses de l'existence nous roulions enfin sur l'autoroute du bonheur.
Comment ai-je pu laisser gâcher une entente aussi parfaite ? Plus qu'une faiblesse, plus qu'une faute, c'est un crime de lèse bonheur. Un crime de lèse majesté à la plus grande Reine de l'amour et de la douceur de vivre.
Bref... ça ne mérite aucune excuse. A peine des explications. Et certainement pas pour me justifier. Mais pour que VOUS, qui me lirez, compreniez comment, avec les meilleures intentions du monde, on peut se piéger soi-même. Pour que vous voyez comment deux êtres qui ne voulaient que le bien de tous peuvent en arriver à se faire mal à eux-même. Pour que vous ne commettiez jamais les mêmes erreurs. Pour que vous ne tombiez jamais dans les même pièges. Si ce récit de notre malheur pouvait éviter celui d’au moins deux d’entre vous, cela soulagerait un peu le mien.
Quelles sont, selon moi (tous les avis et toutes les critiques sont bien venu) ces explications ?
D’abord la naïveté. Naïveté d’avoir cru à la prise de conscience, les déclarations de bonnes intentions et la capacité de changement de la mère de l'enfant auquel, parce que celle-ci était alors bien incapable d'assurer une éducation décente, je devais protection. Celle dont, après quelques temps d'accalmie, le naturel rageur est vite revenu au grand galop. Naïveté sans doute doublée du fait que je n’avais pas que des raisons de la détester et éprouvais même plus que de la tendresse pour elle. Tendresse qui explique sans doute pourquoi, au delà des devoirs de simple humanité qui impose de tout faire pour préserver le lien mère-enfant, j’ai refusé d’user des occasions qu’elle a créé elle-même de la laisser sombrer dans des eaux dont elle ne serait sans doute pas revenue de si tôt nous pourrir la vie.
Ensuite, une fois la situation installée, le piège s'est refermé. La nécessité de ménager chèvre et choux, ou plutôt… tigresse et agnelle, créait une ingérable double contrainte, effroyablement stressante dont, par manque des moyens financiers suffisants, je n’ai pu nous sortir aussi vite qu’il était nécessaire. Et, qu'au lieu de saisir la seule chance sérieuse de rapprochement qui s’est présentée, j'ai eu le culot imbécile de la laisser passer au prétexte d'une demande pourtant bien légitime. Et qu'au lieu de comprendre qu'à la dureté de ses mots j'aurais dû répondre par ceux de la consolation. Et qu'à sa légitime colère au lieu de répondre par des fleurs pour tenter d'obtenir l'ombre d'un pardon, qu'ai-je fait ? Ne sachant plus par quelle aile prendre la douce colombe qui s'était muée en oiseau de feu tout bec et griffes dehors, je n'ai su marquer mon respect de sa douleur que par le silence. Je n'ai su que lui redire encore et encore la permanence de mon amour, tout en voyant bien que tous les chagrins dont j'avais été la cause ne lui permettaient plus de m'entendre.
Et ont fini par me faire penser que seul le temps cicatriserait assez ses blessures pour me permettre un jour de présenter mes excuses à son cœur ?
Si c’était à refaire ? Ah... si c'était à refaire, bien sûr… j’aurais bien moins de compassion pour l’une et toute pour celle qui l'a tant méritée. Mais le mal est fait. Et ne me reste que l’infime espoir que subsiste dans le cœur de ma princesse perdue la flammèche de tendresse qui me donnera la chance de raviver assez de feu pour qu'elle m'accorde encore le droit de consacrer le reste de ma vie à faire la sienne assez douce pour qu'elle parvienne un jour à me pardonner… au moins un peu.
Si non, mon châtiment sera de ne plus avoir qu'à traverser seul ce désert d’amour pour cheminer vers la plus triste des fins. Celle de celui qui sait devoir quitter la vie avec bien pire que des remords, bien pire que des regrets... le lourd, lourd, si lourd fardeau de qui sait avoir gâché sa chance et celle de l'être qui la méritait bien plus encore que lui-même, bien plus que tout autre être en ce monde.
Aussi, si m'en croyez, ne suivez JAMAIS mon exemple. Et si, vous aussi, vous avez l'âme trop bonne, fuyez comme la peste tous les teigneux, les hargneux, les jamais contents, les toujours insatisfaits, les pisse-froid et autres pisse-vinaigre, et tous ces pauvres handicapés de la joie de vivre qui ne peuvent s'empêcher de détester plus heureux qu'eux, y compris ceux qui les aiment ou leur veulent le plus de bien.
Pardonnez leur car ce n'est pas leur faute. Un peu les gènes, pas mal de culture familiale et encore plus de blessures d'enfance… mais au final, et quelque soit leur propre volonté de s'en empêcher ils ne pourront presque jamais se retenir de vous nuire, de vous intoxiquer de leur haine. Alors... fuyez, fuyez, fuyez… et réservez votre générosité et le meilleur de vous à celles et ceux qui sont capables de la recevoir.
Et si vous avez des devoirs vis à vis d'un enfant assumez en ce que vous pouvez, mais, même si les malheurs de votre propre enfance vous rend encore plus sensible que d'autres à les lui éviter, ne laissez pas l’autre parent abuser de votre sens des responsabilités ou de votre générosité. Et cela, quelque soit sa détresse car... "Aimer son prochain comme soi-même" n'est pas l'aimer PLUS que soi-même. Et encore moins au détriment de soi-même. Et encore, encore moins au détriment de qui ne l'a pas mérité.
Et puis souvenez vous de la parole du sage (Al Mutanabbi 10ème siècle) : "Si tu es généreux avec un être noble, tu l'as conquis, mais si tu es généreux avec un être vil, il se retournera contre toi."
Que tous mes vœux de bonheur vous accompagnent.
PS : si votre chemin un jour croise celui de la reine de mon cœur, s’il vous plait, dîtes lui ce qu’elle ne veut plus entendre de moi, dites lui que mon amour de toujours lui restera toujours. Et dîtes lui bien que rien n’est de sa faute, que moi seul mérite les reproches. Et que si je compréhensible que soit sa rancœur il ne faut pas qu’elle en encombre son joli cœur, car si inconsolable que je sois d’être privé d’elle, je préfère la savoir heureuse sans moi que malheureuse avec moi.
Vide 01
Vide 02
LA CHANSON DE BRASSENS « Auprès de mon arbre »
J'ai plaqué mon chêne
Comme un saligaud
Mon copain le chêne
Mon alter ego
On était du même bois
Un peu rustique un peu brut
Dont on fait n'importe quoi
Sauf naturell'ment les flûtes
J'ai maint'nant des frênes
Des arbres de judée
Tous de bonne graine
De haute futaie
Mais toi, tu manque à l'appel
Ma vieille branche de campagne
Mon seul arbre de Noël
Mon mât de cocagne
Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû
M'éloigner d' mon arbre
Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû
Le quitter des yeux
Je suis un pauvr' type
J'aurais plus de joie
J'ai jeté ma pipe
Ma vieill' pipe en bois
Qu'avait fumé sans s' fâcher
Sans jamais m'brûlé la lippe
L'tabac d'la vache enragée
Dans sa bonn' vieill' têt' de pipe
J'ai des pip's d'écume
Ornées de fleurons
De ces pip's qu'on fume
En levant le front
Mais j'retrouv'rai plus ma foi
Dans mon cœur ni sur ma lippe
Le goût d'ma vieill' pipe en bois
Sacré nom d'un' pipe
Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû
M'éloigner d' mon arbre
Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû
Le quitter des yeux
Le surnom d'infâme
Me va comme un gant
D'avecques ma femme
J'ai foutu le camp
Parc' que depuis tant d'années
C'était pas un' sinécure
De lui voir tout l'temps le nez
Au milieu de la figure
Je bas la campagne
Pour dénicher la
Nouvelle compagne
Valant celles-là
Qui, bien sûr, laissait beaucoup
Trop de pierr's dans les lentilles
Mais se pendait à mon cou
Quand j'perdais mes billes
Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû
M'éloigner d' mon arbre
Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû
Le quitter des yeux
J'avais un' mansarde
Pour tout logement
Avec des lézardes
Sur le firmament
Je l'savais par cœur depuis
Et pour un baiser la course
J'emmenais mes bell's de nuits
Faire un tour sur la grande ourse
J'habit' plus d' mansarde
Il peut désormais
Tomber des hall'bardes
Je m'en bats l'œil mais
Mais si quelqu'un monte aux cieux
Moins que moi j'y paie des prunes
Y a cent sept ans qui dit mieux,
Qu' j'ai pas vu la lune
Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû
M'éloigner d' mon arbre
Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû
Le quitter des yeux
Vide 04.
|